18.03.2007
Lettre adressée au Collectif des Saisonniers
Cette lettre fait suite à un appel lancé par le collectif des saisonniers aux candidats aux élections 2007
Suite à votre appel, je tiens à vous dire à quel point nous sommes sensibles à l'UDF non seulement à la situation des saisonniers mais aussi à la situation de toutes les personnes fragilisées par la précarité. Il s'agit bien du fait que vous soyez touchés par les mêmes problèmes que la population non saisonnière, de manière encore plus vive.
Commençons donc par la réponse à votre particularisme : le statut que vous appelez "saisonnier pluriactif".
Je propose qu'un statut du pluriactif (sans précision concernant le caractère saisonnier ou non) se dessine, définissant des modalités de formation et d'indemnisation possible dans le cadre des parcours professionnels (comprenant également un volet "entrepreneuriat" puisque cela concerne de nombreux saisonniers).
Il est nécessaire que les trajectoires professionnelles des saisonniers comme des non saisonniers soient comparables en terme d'évolution et d'accès aux droits.
La convention UNEDIC a été conclue, notamment, dans un contexte où certains abus ont été constatés. Le fait de créer un statut permettra d'homogénéiser des droits mais aussi des devoirs. Les indemnisations sociales doivent être justes et simples.
Nous vous proposons la mise en place d'une allocation unique calculée par points pour tirer définitivement un trait sur la complexité et les inégalités constatées actuellement, conciliable un certain temps avec un salaire, de manière dégressive.
Chaque personne bénéficiaire de cette allocation unique sera amenée à exercer une activité dite universelle notamment en vue d'arrondir les fins de mois et de rester dans un réseau (associatif, collectivité locale ou autre) avec tout ce que cela comporte de positif.
Concernant le logement, je propose une initiative qui a été expérimentée par certains Conseils Généraux (notamment le 64, lorsque François Bayrou était Pdt du Conseil Général), à savoir la mise en place d'un programme de logements anti-précarité pour personnes en situation extrême.
Il s'agit de la récupération et réhabilitation de tous types de logements même petits, même au sein de maisons individuelles privées (etc.), dont le loyer sera garanti par le Conseil Général. L'UDF propose que le non-respect de l'article 55 de la loi SRU (au moins 20% de logements sociaux par commune) donne lieu à la récupération de la compétence sur les permis de construire par le Préfet et que tous les programmes immobiliers comprennent au moins 25 % de leur surface en logements sociaux.
Nous proposons également d'interdire les cautions pour les locations de logements et de les remplacer par un système d’assurance mutuelle.
Concernant le transport, la situation est à voir selon les particularités locales.
Des efforts sont faits dans le sens d'une plus grande fluidité à moindre coût dans la Vallée de Chamonix, de grandes avancées sont en cours sur ce territoire précisément. Il faudra bien entendu toujours miser plus sur le ferroviaire et le collectif. J'entends bien toutes les préoccupations liées aux transports propres ; notre rôle de politiques est de faire que cela devienne possible et soit encouragé financièrement car il n'est plus possible de fermer les yeux sur la question environnementale, ici dans la Vallée de Chamonix comme ailleurs. Juste une réserve cependant, elle concerne la gratuité des transports, j'y suis opposée. Tout investissement public a un coût, l'usager doit à mon sens être co-responsabilisé à travers une participation symbolique, même minime.
Bien entendu, toutes ces questions nécessitent à la fois une réponse législative dans le cadre national mais également une réponse locale des collectivités (conseil général, intercommunalités et municipalités notamment). Si je suis élue, je veillerai à accorder ces deux volets de l'action politique avec d'un côté une vigilance accrue quant à la justice des mesures prises dans le cadre des lois et de l'autre un accompagnement des élus locaux qui donneront corps aux synergies nécessaires.
Je tiens par la présente à vous dire à quel point nous comptons sur l'avenir de cette réflexion et plus exactement à quel point nous avons besoin de saisonniers épanouis et compétents dans leur travail, correctement logés, rassurés sur leur avenir. C'est essentiel pour l'avenir de la vallée, vous êtes une force vive qui, si elle était absente ou de mauvaise qualité, tuerait notre économie locale.
Restons donc en contact étroit pour oeuvrer en ce sens ; et je sais pouvoir aussi compter sur le travail acharné tant du collectif que de la nouvelle recrue de l'Espace Saisonnier. N'hésitez pas à faire remonter vos difficultés et vos attentes au sein de ce que appellerais cette "plate-forme" d'échange entre acteurs locaux.
Il faut impérativement que la politique change de visage, qu'elle amène à faire de notre démocratie un réel partenariat.
L'action associative doit prendre toute sa place et votre voix sera entendue si vous poursuivez cet effort de représentation en collaboration avec les pouvoirs publics.
Dans l'attente de vos retours, je vous adresse à tous l'assurance de toute notre considération.
Angélique Ballet-Baz
19:25 Publié dans Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SAISONNIERS CHAMONIX LOGEMENT TRANSPORT



