21.01.2007

Vincent PACORET

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Vincent PACORET est un jeune homme politique marié et papa d'un petit garçon. Il nous explique son parcours et ses motivations pour l'avenir.

Quel est ton parcours de formation, professionnel et politique ?
J'ai fait des études d'histoire-géo à Chambéry où j'ai obtenu une licence puis une maîtrise à Lyon 2.
Mon mémoire, que j'ai choisi de faire en collaboration avec le laboratoire d'histoire sociale de l'université Lyon 2, portait sur l'histoire du syndicalisme chrétien. J'ai choisi ce thème par attachement à l'histoire sociale. Puis j'ai passé un examen d'entrée en prépa concours à Sciences-Po Lyon où j'ai été admis. Je me préparais à être attaché territorial, ce que j’ai réussi du premier coup en 2000.

Faisais-tu déjà de la politique en parallèle ?
Oui, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai été contacté par Dominique Chambon, conseiller régional UDF, pour prendre le secrétariat général du groupe UDF à la Région Rhône Alpes suite à l'élection d'Anne-Marie Comparini en remplacement de Charles Millon. Election que j'ai vécu de l'intérieur et qui a été une bonne leçon de politique.
J'ai travaillé ainsi pendant un an avec des élus UDF de la Région ; à ce moment-là j'étais président de la fédération Jeunes UDF de Haute-Savoie et membre du Bureau National avec Jean-Christophe Lagarde, actuel député maire de Drancy, avec qui j'entretiens encore d’amicales relations. 
A la région j'ai eu la chance de travailler avec des élus de qualités qui m'ont beaucoup appris (Anne-Marie Comparini, Thierry Cornillet, Dominique Chambon, Michel Thiollière, actuel député maire de Saint-Etienne et d'autres).
En mars 2000, j'ai réussi le concours d'Attaché territorial. Michel Mercier, Président du groupe UDF au Sénat et président du Conseil Général du Rhône m'a alors proposé de venir travailler avec lui au département et m'a confié la direction de la Maison Rhodanienne de l'Environnement.

Combien de temps y es-tu resté ?
J'ai occupé ces fonctions pendant 5 ans. Cela m'a permis d'apprendre les clefs du milieu associatif.
Les questions et les problématiques environnementales étaient au coeur de mon métier et je me suis imprégné d’elles alors qu’elles n’étaient pas encore « à la mode » dans le milieu politique. En 2001, je me suis investi dans la campagne de Michel Mercier pour les municipales à Lyon, mon épouse avait alors été candidate dans le premier arrondissement. A cette époque, je rentrai tous les vendredis soirs en Haute-Savoie car j'étais candidat moi-même sur la liste d'union de la droite à Cran-Gevrier. J'avais donc un pied dans le Rhône et un pied en Haute-Savoie.

Tu te sens proche de la terre "haut-savoyarde" ?
C'est ma terre natale et celle de mes aïeux, je ne m'en suis jamais "coupé", j’y ai mes racines, mes amis, mes réseaux.

Nous arrivons à parler de 2002. Comment t'es-tu investi lors de la campagne présidentielle ?
Aux côtés de mon ami Michel Amoudry, j'étais chargé pour la Haute-Savoie de la direction de la campagne de François Bayrou.

Ensuite ?
En 2005 je rentre en Haute-Savoie pour occuper les fonctions de directeur général des services de La Balme de Sillingy. Très beau challenge que de diriger une mairie comme celle ci car la commune est aux portes de l'agglomération d'Annecy. Elle est en pleine expansion démographique avec de gros projets et de gros chantiers. C'est une bonne école qui me forge une solide connaissance des rouages et du fonctionnement d'une mairie.
En parallèle je continue mon investissement et devient conseiller municipal de Cran-Gevrier. Je mesure alors combien un investissement est prenant et passionnant. Les gens attendent beaucoup de vous dans une commune.

Que t'apporte le double engagement, politique à Cran Gevrier et professionnel à la Balme de Sillingy ?
Je vis le fonctionnement d'une commune des deux côtés de la barrière, en tant qu'élu et en tant que DGS. Ceci me permet d'avoir une appréhension intéressante et précieuse en vue de la préparation des prochaines élections municipales. Car il faut savoir de quoi on parle quant on aspire à diriger une mairie.
En effet, je me prépare à mener une liste de rassemblement face au maire sortant à Cran-Gevrier. J'ai acquis la conviction, de par mon expérience, que l'élection municipale est une rencontre entre une équipe menée par un leader et une population. La notion d’équipe est fondamentale.

Que faut-il de plus au candidat qu'au DGS en terme de qualités ?
Quand on est candidat, il faut connaître la ville dans laquelle on se présente, la vivre, la ressentir et l'aimer. Ce sont des années d’imprégnation. Cran-Gevrier est ma ville.
Avoir de l'ambition pour sa ville est important et j'en ai pour Cran-Gevrier.
Je suis issu d'une vieille famille à la fois annecienne et crangévrienne. Mon arrière-grand père, mon grand-père, mon père et mon oncle ont dirigé une entreprise de bâtiment dans le second oeuvre qui a été implantée de 1910 à 1980 sur Annecy dans le quartier de Loverchy puis à Cran-Gevrier de 1980 à 1997.
J'ai moi-même grandi à la limite entre Annecy et Cran-gevrier. Je suis allé à l'école maternelle à Cran, j'y ai fait mon catéchisme et ma communion à la paroisse de Cran-Mosinges. Mes amis habitent Annecy et Cran-Gevrier, c'est une ville que je connais bien.
Les qualités d'un maire et d'un DGS sont différentes mais complémentaires.

Tu poursuivras l'exercice de ton métier si tu es élu ?
Oui je pense poursuivre mon métier si je suis élu car il me passionne et je compte encore progresser en responsabilités. Cependant l’investissement politique s’entend à temps plein et je devrai aménager mon temps de travail. J’ai eu aussi la chance de transmettre cette année mes connaissances professionnelles sur le service public à des étudiants de Licence de GEA à l’IUT d’Annecy.

As-tu déjà été déçu en politique ?
Oui par des orientations et des choix politiques plus que par des hommes ou des femmes.

Peux-tu citer un élément facilitateur de l'action politique ?
Oui, l'amitié. J'ai des exemples en tête, moi-même je compte plusieurs amis en politique. Localement, Loïc Hervé en est un et dans mon équipe à Cran je compte de vrais amis. L'amitié en politique est importante, elle permet de pouvoir se retrouver sur des dossiers, des projets qui n'auraient pu aboutir sans ce lien ! Il y a aussi une notion de fidélité à laquelle je suis très attaché.
Et je crois à une chose importante : la politique n'est pas une aventure personnelle et individualiste mais une aventure collective au service du collectif.

medium_Photo1720.jpgComment te ressources-tu ?
Je me ressource auprès de ma femme et de mon fils. Pour moi la famille est un élément primordial, comme l'amitié peut l'être. J'ai des loisirs, je fais de l'équitation car j'ai la chance que mon épouse possède deux chevaux à la campagne. Je suis passionné de généalogie depuis l'âge de 14 ans et je lis beaucoup... Les essais politiques et les livres d'histoire me passionnent.

Et tu écris aussi ? ou tu as l'intention d'écrire par la suite ?
J'écris de deux façons : des articles et des participations à des ouvrages d'histoire sociale.
Et j'ai un jardin secret que sont les contes, je m'y essaie !

Ils ont une morale ?
Non (rires), mais ils font rêver...
Enfin je l'espère, si quelqu’un les lit un jour.

Quel est le sens de la vie selon toi à ce moment de ta réflexion ?
Le sens de la vie c'est d'abord vivre ! Ca peut paraître simple à dire mais je trouve que l'on ne prend pas assez le temps de savourer les choses simples, le quotidien, les petites choses de la vie dans ce qu'elles ont d'extraordinaires.
Transmettre aussi est une chose importante pour moi. Transmettre des valeurs, une histoire, des repères, un sens de la vie à ses enfants et enfin aimer ses proches et savoir leur montrer et leur dire. C’est une force.
Aimer son prochain et aimer les gens, surtout quand on fait de la politique et qu'on est élu.

05.01.2007

Thomas BREE

medium_thomas-foret11_PV_.jpgNé d'un papa giscardien et d'une maman mitterrandienne, Thomas BREE n'a pas vraiment aimé l'échec des giscardiens le 10 mai 1981 !
Puis les années passant, en 1991, alors qu'Edith Cresson arriva à l'Hôtel de Matignon, Thomas commença à trouver de l'intérêt dans la chose politique.
Sa première démarche a été de chercher du travail dans des collectivités.
C'est ainsi qu'il est devenu en 1992 attaché
de cabinet de Jean-François Barnier, Maire de la Commune du Chambon Feugerolles (42) et Conseiller Régional CDS.
Cette expérience a duré trois années.


Que retiens-tu de ton expérience auprès de Jean-François Barnier ?
De 1992 à 1995, nous avons vécu deux victoires (les élections législatives de 1993 et les municipales de 1995) et une défaite (élections cantonales de 1994). En cas de défaite, tu apprends. Ce sont donc mes classes que j'ai faites auprès de Jean-François Barnier.

Qu'as-tu fait ensuite ?
J'ai fait acte de candidature auprès de Bernard BOSSON pour un poste au sein de son Cabinet en Mairie d'Annecy.
Cela fait 11 ans maintenant que je travaille au service de Bernard BOSSON.

Tu assures donc des missions de communication, de suivi de dossiers, de stratégie et de relations publiques. Tu as maintenant fait connaître tes intentions de candidature aux municipales. Etait-ce l'objectif de ton engagement dans l'ombre au sein du Cabinet de Bernard Bosson ?
Je crois que le travail fourni n'est jamais perdu, surtout quand il s'agit d'un travail de fond.
Je suis déjà sorti une fois de l'ombre, lors des dernières élections régionales en 2004, en tant que « numéro 9 ». C'est toujours enrichissant de se porter candidat soi-même, au-delà du fait de conseiller des élus.
En octobre 2006, j'ai annoncé mon engagement pour les élections municipales de Seynod.
Quand on s'engage personnellement, on vit les choses de manière plus vraie, on est en contact direct avec la population à travers l'électorat.
Il semble que mon temps de conseiller arrive à son terme. Je ne souhaite d'ailleurs pas continuer cette carrière. Ma volonté, mon choix aujourd'hui est d'aller vers l'engagement publique.

Dans quel état d'esprit es-tu sur ce chemin de l'engagement ?
Je suis déterminé. J'avance sans crainte parce que j'ai la foi.
Je crois en notre projet, s'il est en adéquation avec la population seynodienne alors nous démontrerons qu'une nouvelle équipe peut gérer la destinée de Seynod !

Quelle est votre méthode d'action ?
Nous avons tout d'abord constitué un groupe de travail.
Notre association s'appelle « Seynod+ », elle soutient notre liste sans étiquette. Nous sommes des gens de droite et de gauche sans oeillères, selon l'idée de rassemblement portée par François Bayrou.

Cet engagement va-t-il jusqu'à donner du sens à ta vie ?
Oui, on peut le dire. C'est un choix de vie au service des autres. Il ne s'agit pas d'ambition personnelle isolée. Mon ambition est de porter un projet, de fédérer.
Je me positionne comme un leader qui a confiance en l'avenir.

Quelles sont les qualités d'un leader selon toi ?
Un leader doit savoir fédérer, inspirer confiance, écouter, porter des messages, faire les choix les plus opportuns, avoir un esprit de synthèse. Mais au-delà de cela et de manière plus générale, le leader doit avoir de la détermination.

Peux-tu résumer ta carrière militante au sein de la fédération UDF de
Haute-Savoie ?
Je suis arrivé comme militant en 1996. J'ai tenu pendant deux ans le rôle de Président de Section. Et finalement, il y a déjà quatre ans que je suis Secrétaire Départemental de la Fédération (depuis 2002).
Il y avait des attentes en matière d'organisation et de possibilités d'engagement.
Dès 2000, nous avons réuni régulièrement un groupe de travail constitué des Présidents et Secrétaires de Section. Un gros travail de fond a été réalisé.
Par exemple, cela a été pour nous l'occasion de proposer au bureau de s'enrichir de Secrétaires Départementaux Adjoints qui ont des compétences complémentaires et qui sont chargés des principaux axes de travail de la fédé.
Le bureau politique est ensuite vraiment devenu une chambre de validation où les élus et les militants sont largement représentés.

Amitié et politique, ça existe ?
Cela n'existe pas, non. La politique ne constitue pas un lien d'amitié.
Un parti politique est une école d'écoute et de dialogue, on doit respecter les idées des autres. Là se joue l'apprentissage de la vie publique.
C'est complètement différent des amis avec qui tu échanges sur les joies et les difficultés de la vie. Savoir faire la part des choses constitue une vraie force.

Mélanger vie privée et vie publique est donc un facteur de vulnérabilité ?
C'est certain, les familles politiques ne sont pas faites pour partager l'intime de ce que nous sommes !

As-tu déjà été déçu ?
Oui, mais je garde cela dans mon jardin secret.

As-tu un espoir particulier pour l'avenir ?
Je crois aux générations nouvelles dans lesquelles je m'englobe pour s'engager dans des responsabilités locales et nationales. Et comme il n'y a rien de pire que d'être bourré de certitudes, je suis fier d'appartenir à cette génération qui n'hésite pas à les bousculer.
Je pense aussi à des personnes comme Cédric Le Goff et à sa démarche vis-à-vis des sites Internet (cf. Interview de Cédric Le Goff) par exemple.
Il ne faut pas rester passif : quand tu es jeune on te dis que ce n'est pas ton heure, quand tu deviens vieux c'est trop tard.
Alors je crois au courage partout et tout le temps.

Tu crois donc au culot ?
Oui, il ne faut pas croire que tout tombe tout cuit !
Quand tu consacres une grande partie de ta vie aux autres, que tu subis des tensions et des pressions de toutes sortes, il faut parfois du culot pour atteindre tes objectifs altruistes.

Merci à Thomas de s'être livré à l'exercice.

24.11.2006

Alain GAUTHIER

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Alain Gauthier, nouvel adhérent UDF 74, habitant Metz-Tessy près d'Annecy, prévient : "je ne suis pas un grand bavard"... Merci à lui de s'être malgré tout prêté au jeu.
Ses caractéristiques : réservé mais entrepreneur (maître d'oeuvre VRD étant arrivé dans la région dans le cadre de la construction d'autoroutes Grenoble - Chambéry, Annemasse - Le Fayet, Annemasse - Bellegarde).

En tant que chef d'entreprise, pensez-vous qu'il y a des similitudes entre l'engagement politique et l'entreprenariat ?
Dans les deux cas, je crois qu'il s'agit d'une démarche personnelle.
Il y a une volonté de départ qui peut être appuyée par la famille. Dans la vie de mon entreprise, mon épouse a eu un rôle déterminant, elle m'a encouragé et soutenu pendant les épreuves.
Mais c'est la passion qui reste un moteur.

Vous êtes un nouveau militant ?
Cela fait 6 mois que j'ai adhéré (c'était en mai).
Auparavant, je n'avais jamais réellement été engagé politiquement mais finalement j'ai eu envie de devenir "militant de base". [rires]
Je suis passé par le biais du site Internet de l'UDF pour adhérer (j'ai téléchargé la fiche en ligne et j'ai attendu un certain temps avant d'être recontacté). Depuis le site UDF 74, j'ai pu prendre contact avec Thomas Bree, le secrétaire départemental et j'ai participé à une réunion de circonscription par la suite.

Le "militantisme de base", comme vous l'appelez, me semble ne plus trop exister. Le militant est devenu un acteur important de la scène politique. Avez-vous pris cette décision de vous engager après mûre réflexion ou à la suite d'un déclic ?
J'ai toujours porté de l'intérêt aux faits politiques et au fil du temps je me suis rendu compte que les idées de l'UDF correspondaient bien à ma façon de voir les choses. Je suis encore un peu phase de découverte, je suis arrivé sur la pointe des pieds.

Vous avez participé au Conseil National ce mois-ci. Qu'en attendiez-vous ?
Je venais découvrir les gens et le fonctionnement interne du mouvement.
C'est important de participer à ce genre d'événements et de ne pas rester isolé dans son coin.
Internet est aussi bien pratique pour cela, j'y vais régulièrement, en particulier le vendredi soir.

La prochaine étape importante de notre mouvement sera l'élection présidentielle. Qu'en pensez-vous ?
Je trouve que le paysage politique est assez lisible.
L'UMP ratisse très à droite et au fond, à droite comme à gauche, on entend toujours la même musique.
Alors il faut s'engager car nous attendons que les choses bougent ; à nous d'en être acteurs !

16.11.2006

Cédric LE GOFF

medium_cedric_le_goff.jpgCédric LE GOFF est webmaster bénévole au sein de l'UDF 74 et ailleurs aussi.
Il est marié à Caroline et Papa de Jimmy né en 2003.
Conseiller commercial, vendeur, technicien en matériel médical.

"Il faut personnaliser !"

Il m'a semblé que tu étais arrivé brusquement à l'UDF !
[rires] Oui, je n'étais pas encore militant que j'avais déjà créé un doublon du site UDF 74 !
Le souci étant au départ que je n'arrivais pas à adhérer.
Je m'étais inscrit en ligne et suis resté sans réponse.
Loïc HERVE, Président des Jeunes UDF et Thomas BREE, Secrétaire Départemental, ont pris contact avec moi, justement à propos du doublon du site Internet de la fédération. C'est à ce moment-là que mon engagement a été officialisé.

Quel a été ton moteur à ce moment-là ? Et qu'est-ce qui te motive aujourd'hui dans ton engagement ?
Je veux contribuer à faire bouger la société, participer concrètement à la vie politique française.
Ce sont les idées de l'UDF qui m'ont fait choisir ce parti.
Passionné d'Internet, j'ai aussi pris conscience il y a quelques temps que l'UDF pouvait avancer dans ce domaine et que je pouvais y contribuer.

En effet, nous avons tous remarqué ta contribution en faveur du développement Web. Nous avons maintenant d'excellents outils départementaux http://www.udf74.org/ http://www.jeunesudf74.org/  ainsi que des outils individuels comme les blogs que tu proposes de créer pour les candidats http://www.bree-seynod.fr/ http://www.rigaut-annecy.fr/ ...
Oui, je suis arrivé à un moment où c'était assez calme et maintenant ça bouge un peu plus. J'essaie d'être aux côtés de ceux qui auront besoin de mon aide.

Vu d'ici, j'ai l'impression que le "gros" du chemin a été parcouru, non ? Les partis politiques semblent s'être mis à la pointe de la technologie...
Le retard était dommageable, en particulier au Centre et à Droite vis-à-vis de l'Internet. A Gauche, j'ai constaté que certains webmaster étaient très pros. Mais nous sommes sur le chemin, il reste toutefois encore pas mal d'avancées à attendre en la matière.

Comment poursuivre cette évolution ?
Tous les acteurs de la toile doivent améliorer sans cesse leur référencement (webmasters, bloggers...).
Nous devons nous rassembler, c'est valable partout, y compris sur le web !
J'étais d'ailleurs pour la création d'une fédération Internet au sein de l'UDF. Cela permettrait de rassembler les Internautes et de faire adhérer toujours plus de monde.
Mais certains adhérents ont déjà du mal à trouver le site de leur fédé faute de référencement suffisant !
Le site national comporte actuellement des liens, c'est très récent. Reste maintenant à ce que les réponses aux mails se fassent plus fréquentes au niveau du site national de l'UDF.
Cela a une importance capitale qu'il ne faut pas sous-estimer.

Tu es le "père" du site Internet officieux et militant http://www.bayrou-francois.org/ , pourquoi l'as-tu créé ?
Je souhaitais rapprocher François Bayrou, l'homme, des citoyens. J'ai souhaité intégrer des éléments biographiques et des interviews notamment. A mon avis, il est important que François Bayrou soit aussi reconnu en tant que personnalité atypique. Et l'on sait que le référencement d'un site prend du temps, il est important de s'y prendre à l'avance.
Les français ont de toutes façons besoin de s'approprier leur candidat.
Si nécessaire, nous ferons basculer le nom de domaine sur un site officiel le moment venu : je reste à l'écoute et au service.
Et puis, je fais cela bénévolement, c'est aussi un moyen pour moi de démontrer qu'avec de petits moyens on peut faire des choses intéressantes. J'ai du mal à comprendre les dépenses colossales des partis politiques en la matière.

L'investissement financier est une chose mais la politique c'est aussi beaucoup d'investissement personnel.
Tu as raison, c'est beaucoup de temps. Internet est une passion mais cela cache aussi de nombreuses heures de travail.
A plusieurs, on peut faire de grandes choses. Il y a par exemple un excellent webmaster en Bretagne. Nous pourrions définir un cahier des charges et développer l'ensemble des outils au niveau national avec d'autres, des infographistes par exemple. 

Comment créer un site ou un blog qui attire du monde et qui fonctionne ?
J'insiste un peu mais je dirais avant tout qu'il est nécessaire de mettre des liens, de faire fonctionner le réseau.
A ce titre, je remarque qu'il y a très peu de liens entre les sites UDF et Jeunes UDF au sein des articles. Il faudrait reproduire la complémentarité jeunes/aînés de l'Université d'Eté sur le Web également.
Il y a un autre secret, et celui-ci est de taille : il faut PER-SON-NA-LI-SER ! Faire de la politique c'est aussi se démarquer par rapport à son territoire, ses valeurs, ses idées, ses méthodes... Il faut inventer sa propre charte graphique, jouer fin dans le contenu pour que les lecteurs soient interpellés et se reconnaissent un peu sur les pages Web.

Les jeunes ont l'air très motivés sur le web. Qu'en est-il des aînés et des élus ?
Cela est variable. Je m'arrête quelques minutes sur les élus.
Il est vrai qu'alimenter un site ou un blog de manière fréquente nécessite du temps.
Je suis admiratif du site d'Anne-Marie COMPARINI qui est très dynamique. Elle a sans doute une petite équipe derrière elle. Il serait intéressant qu'un élu le fasse par département. C'est très enrichissant et cela pourrait capter l'attention des internautes. Je pense qu'Internet permet un contact plus rapproché avec les citoyens en particulier si l'on diffuse des informations inédites.

Comment vois-tu ton avenir à l'UDF ?
Je suis attaché à ma région, à ma ville. J'aimerai réellement participer plus concrètement à la vie locale en mairie ou au sein d'une communauté d'agglomération. Mais pour cela j'ai le temps (10, 20... 30 ou 40 ans !) et je ne suis pas spécialement attaché à l'idée d'avoir un poste...

Il se pourrait donc qu'à un certain âge (avancé), tu décides de t'investir dans le cadre d'un mandat électoral ?
Oui. ce n'est pas une histoire d'âge. Il y a la nécessité de mélanger des personnalités expérimentées et des jeunes. En revanche, si certains élus poussent la jeunesse à se porter candidats, tous ne le font pas.
C'est une question d'équilibre à trouver.

Tu as un petit garçon, Jimmy. As-tu envie de lui transmettre la connaissance de l'univers politique ?
J'ai envie qu'il connaisse ce monde mais sans qu'il se créé des obligations.
Tout en ne cachant pas mes idées, je n'ai pas envie "d'endoctriner". Cela a été ma démarche vis-à-vis de ma femme, ce qui ne l'a pas empêché d'adhérer [rires].
Dans le domaine des idées, ce que j'aimerais par contre transmettre à mon fils, ce sont les valeurs européennes.
La possibilité d'être plus fort économiquement, politiquement face à l'Asie et à l'Amérique. Je suis pour des règles économiques, pour une Constitution.
J'aurais aimé être consulté dans le cadre de l'élargissement, en tant que citoyen. Je pense d'ailleurs que le NON au référendum c'est aussi par faute de ne pas avoir associé les citoyens à la construction européenne.
Je suis d'ailleurs complètement déçu par le paysage politique français, trop peu parlent d'Europe en dehors de François Bayrou.

Un mot de la fin ?
Croire c'est augmenter ses chances de gagner.

07.11.2006

Eric GUTTIEREZ (troisième partie)

Te définis-tu davantage comme "urbain" ou comme "rural" ?
J'aime les grandes villes pour leur architecture, leur accès à la culture et aux loisirs mais j'aime aussi les villages. J'ai d'ailleurs travaillé dans une commune de 6450 habitants. (rires)

Quel est le regard que tu portes sur la ruralité ?
La société a évolué vers de moins en moins de ruralité. On a l'impression que le monde rural se transforme en banlieue des villes. Avant, les campagnes étaient assez préservées des problèmes d'emploi, de logement... Et les personnes âgées étaient intégrées dans le quotidien des familles. On ne cherchait pas des solutions de société pour tous les problèmes des gens. En même temps que les techniques de travaux paysans progressent, les moeurs évoluent.
Nos villes et nos campagnes connaissent des phénomènes parallèles, la même vitesse de changement, la même pente, le même contexte. Le "tout économique" par exemple aboutit aux mêmes conséquences : des aberrations.
Dans le domaine agricole, les aides ne sont pas inscrites dans le marbre et les paysans se posent des questions sur les moyens qu'ils auront pour vivre de leur production.

Parallèlement aux enjeux économiques, quels combats te paraissent prioritaires ?
Tout est lié, il ne faut pas oublier le lien social.medium_gres.2.jpg
On a dénoncé certaines dérives de la société américaine sans forcément se rendre compte qu'ici certaines inégalités criantes peuvent aussi faire peur. L'effet de castes reprend de la vigueur et ce n'est pas bon.
On peut trouver des enjeux qui unissent toutes les forces vives : le combat pour la création, pour l'innovation...
Nous n'avons pas le droit de laisser se perdre une génération ou une catégorie sociale.
Certains appellent cela l'ascenseur social mais l'idée c'est de savoir quels moyens on se donne pour ouvrir le champ des possibles et offrir de l'espoir.
Je suis issu d'une famille ouvrière et j'ai vu tout autour de moi des gens qui ont réussi.
Il n'y aurait rien de pire que de ne plus rien avoir à perdre.
Même si c'est dur, même si c'est long, il faut que tout soit possible pour tout le monde. Je ne crois pas à une société égalitariste mais j'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de fils de... qui occupent les postes intéressants (dans la diplomatie par exemple).
La société ne doit pas enfermer sa jeunesse dans l'héritage que les parents lèguent, elle doit reconnaître les valeurs, les efforts de chacun.

Et selon toi, qu'est-ce qui fait obstacle à ce lien social ?
Les responsabilités sont sans doute partagées.
Il est inutile d'incriminer les seuls politiques. Ces derniers doivent favoriser l'éducation, rendre possible l'ascenseur social. Quant aux médias, ils font souvent des titres et des images formatés d'une certaine façon, de manière à empêcher l'émergence des vraies problématiques. Ils rentrent dans le jeu des zappeurs : entre deux coups de zap on pense faire le tour des choses.
Mais connaître les réalités de l'autre, aller à leur rencontre sont des démarches essentielles que chacun peut réaliser dans son quotidien. Nous sommes tous responsables du devenir de ce lien social.

01.11.2006

Eric GUTTIEREZ (deuxième partie)

[...]

"Si tu n'aimes pas les gens, ce n'est pas la peine"

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Que penses-tu de la démocratie participative ?
Lorsque nous organisons une réunion publique, les riverains viennent rarement à plus de 40 personnes.
Au sein des quartiers et hameaux, on se rend compte que les personnes présentes partagent leurs préoccupations personnelles, on est loin des projets structurants. Cela veut dire qu'il ne faut pas négliger les problèmes quotidiens des gens. C'est un exercice intéressant.
Il ne faut pas penser que la rue veut prendre le pouvoir. A travers son idée de jurys populaires, Ségolène Royal n'a pas eu une manière très honnête de présenter ce qu'est la politique aujourd'hui. Dans la pratique quotidienne, ce que veulent les gens c'est avant tout de l'information pour comparer et proposer.
Je viens du Nord, j'ai bien connu l'approche "on se réunit, chacun pose sa question", il s'agit souvent d'un emballage qui permet de faire passer les décisions déjà prises.
Certains élus multiplient les groupes participatifs et, de ce fait, se retrouvent avec une multitude de propositions. Et quand on y réfléchit bien, plus on dilue le pouvoir plus on le garde car ces élus justement, en profitent pour trancher sans négociations.
En revanche, il peut arriver que nous nous trouvions face à une problématique qui concerne tout le monde, c'est le cas de la préservation du lac d'Annecy. A ce moment-là, on peut demander à la population de décider, et c'est précisément ce qui va se passer.
Mais l'élu, quoi qu'il arrive, répondra toujours de son action devant ses électeurs.
Je crois plus en la transparence et en la concertation qu'en la participation permanente. Ce sont des procédés qui permettent de moins manipuler les foules.
Certains collèges citoyens sont complètement perdus dans les sigles, les jargons (rires : tout ce qui est jargon me turlupine) et cautionnent souvent les projets des élus... C'est souvent de l'esbroufe tout cela.
Dès qu'il faut construire ensemble, c'est difficile. Certains ont envie de se "coltiner" les dossiers, les projets, les réunions mais chacun ne peut pas se le permettre en rentrant du boulot ! Je crois en la décision des élus car à travers leur choix impactant sur la vie privée, nécessitant des concessions importantes, ils ont davantage établi les conditions nécessaires à l'exercice politique. Ils le font souvent avec passion, avec amusement aussi parfois.
Le tout est pour eux de trouver un juste équilibre entre une envie qui ne doit pas devenir dévorante et l'exigence de porter un vrai projet, une vision juste qui mette en avant une capacité à faire le bien de la cité.

Tu penses donc que la politique est une activité noble ? N'est-ce pas à contre-courant de la vox populi ?medium_ericgutt.gif
Certains élus, avant même la vox populi, utilisent péjorativement l'expression "c'est une attitude politique" pour dénoncer les pratiques douteuses de leurs collègues. Et bien non ! La politique c'est propre et quand c'est sale il doit y avoir sanction ! Il faut arrêter de faire croire aux gens que la politique c'est se servir, obtenir des avantages en nature car on est très loin du compte. Tout délit doit être sanctionné, surtout quand ceux qui en sont à l'origine devraient montrer l'exemple. En même temps, on observe une grande tendresse de la part des électeurs lorsque l'on constate que la plupart des élus qui traînent des casseroles sont réélus. Il y a une idée derrière cela : "s'il est margoulin pour lui, il pourra l'être aussi pour moi". C'est en ce sens qu'on a les élus qu'on mérite.

 Le militantisme est-il une bonne chose à tes yeux ?
Oui, c'est une bonne chose (rires).
Le mot "militant" est un mot générique qui définit des réalités différentes.
Dans les années 30 ou 40, il avait sans doute une toute autre définition qu'aujourd'hui. Les partis encartaient énormément de personnes.
Aujourd'hui, je constate qu'il existe plusieurs catégories de militants :
- ceux qui recherchent les échanges, les discussions, une famille de pensée avec qui partager des débats et nous avons à l'UDF de quoi les satisfaire en la matière
- ceux qui veulent apporter leur aide aux candidats, ils sont disposés à rendre des services logistiques et à apporter leur pierre au projet politique ; j'ai d'ailleurs énormément de respect pour eux qui font face à nos détracteurs sur le terrain et qui agissent de manière totalement désintéressée
- ceux qui ont envie d'intégrer les sphères du pouvoir et qui, voulant faire changer les choses, décident de le faire eux-mêmes (et à ce sujet, il faut avoir conscience qu'en politique on ne vient pas chercher les talents, ce sont aux talents à se manifester)
- enfin, une dernière catégorie, assez récente, comprend ceux qui adhèrent en réaction à un événement (les dernières présidentielles par exemple) dans le but d'avoir une prise sur l'avenir.

Quel est ton rapport personnel au militantisme ? Je vois sur ton bureau un texte de Charles Bosson intitulé "S'engager"...
Oui, Charles Bosson fait partie de ces hommes du passé dont la pensée reste très actuelle.
On ne peut servir les valeurs auxquelles on croit qu'à travers un groupe. Seul, on ne sert que ses intérêts.
Cela permet d'apprendre l'humilité et de voir les choses sous différents angles. C'est très utile et très constructif.
Tant de téléspectateurs lancent leurs coups de gueule et leurs idées devant leur télé, ont-ils conscience que personne ne les écoute ?
Mon engagement militant rentre dans le cadre de ma vie intime. Ce n'est plus le professionnel qui milite mais celui qui adore les élections, les campagnes, les dépouillements, les hommes politiques et la vie politique en général !
Dans le cadre de nos réunions ou d'interventions sur Internet, les gens peuvent être amenés à penser que lorsque je m'exprime, je le fais au nom de mon patron... Cela exige de ma part une clarté sans équivoques et parfois une prise de distance obligatoire. 

Il y a donc des parallèles qui se dessinent entre la sphère privée et la sphère professionnelle ! Mais as-tu imaginé un jour exercer un autre métier ou vivre une autre forme d'engagement, voire d'être élu ?
Ah ça oui ! J'ai imaginé être Maire, Conseiller Général, Député ou Président ! (rires)
Mais je croise tous les jours des gens qui semblent plus doués pour cela.
Actuellement, j'accumule de l'expérience, un mûrissement, c'est une formation permanente.
Il n'y a pas d'âge pour se sentir prêt à assumer une fonction politique. Je ne crois pas plus au jeunisme qu'à une société de "vieux". Les sphères politiques devraient être plus représentatives, comme des microsociétés complètement mixtes à tous niveaux. Les élus, à travers leur travail d'équipe, partagent des tranches de vie, des épreuves, y compris personnelles... Ils sont parfois déstabilisés en même temps qu'ils se forgent. Finalement, c'est un peu comme tout le monde. Ce qui est valable aussi pour eux comme pour nous, c'est le secret de la réussite. Il consiste à prendre conscience que si tu n'aimes pas les gens ce n'est pas la peine !
 
As-tu vu le téléfilm "Chirac" ?
Oui, d'ailleurs je suis un fan des reportages-coulisses.
La description qui a été faite du Président est fidèle à l'image que je m'en faisais.
Les réalisateurs ont été assez cruels sur le bilan politique (les reproches portaient avant tout sur le fait qu'il n'ait pas su gérer le quotidien) mais élogieux sur l'homme. A travers cela je vois aussi une peinture de la "vérité française".

[...]

[Finalement, je vous promets une troisième partie de cet entretien
car nous avons encore abordé d'autres thèmes liés à la ruralité, à la paix sociale...]

31.10.2006

Eric GUTTIEREZ (première partie)

medium_photoeg010.3.jpgEric GUTTIEREZ est Chargé de Mission au cabinet de Bernard BOSSON, Député-Maire d'Annecy.
Il nous parle librement de ses engagements et du regard qu'il porte sur la politique.

Tu es ce que l'on peut appeler un "homme de l'ombre". Est-ce par choix personnel ?
Oui, c'est par goût, par opportunité (les rencontres) et aussi parce que cela correspond à mon caractère. J'ai toujours aimé ce type de personnages. J'adore la politique mais je ne pense pas avoir suffisamment l'étoffe pour vouloir m'investir personnellement dans une vie publique.
Alors je le fais par procuration en travaillant au service de ceux qui s'y destinent.
Bien sûr, il y a parfois des limites à l'exercice car il peut y avoir des moments où l'on a envie de s'investir plus directement et cela peut être frustrant.
Je ne me compare pas à Ségolène ou Villepin, mais ce sont des exemples de personnages de cabinets qui ont fini par tenter le coup et essayer d'y aller eux-mêmes.
Cela dit, il existe une complémentarité entre élus et hommes de cabinets. Nous sommes là pour conseiller, briefer et débriefer, nous sommes dans "l'intime de l'autre", c'est un métier éminemment humain.

Quelles sont les qualités d'un "homme de l'ombre" ?
Contrairement à un élu qui doit être fonceur, avoir du charisme et une volonté féroce, un "homme de l'ombre" doit développer des qualités d'écoute, de sensibilité, d'ouverture notamment sur le plan des idées.
Il faut avoir une capacité à se mettre à la place de l'autre...
Ensuite, il y a des qualités techniques spécifiques à développer en fonction de la demande des élus pour lesquels nous travaillons (qualités d'écriture, de synthèse ou autres).

Quel est le profil des élus que tu affectionnes ?
Les élus que j'affectionne sont ceux qui ont su rester humains, chaleureux, qui n'ont pas pris la grosse tête.
Certains ont conservé une âme d'enfant dans le sens où ils ont gardé le goût de convaincre, ils n'ont jamais la certitude de détenir l'unique vérité. Je pense par exemple à Bernard Bosson qui est encore régulièrement dans la confrontation avec ses proches, il ne se situe pas au-dessus de l'autre. Il nous arrive de refaire le monde à plusieurs, comme lorsque les jeunes font leurs réunions.
J'aime en règle générale les élus qui ne calculent pas tout, qui ne s'enferment pas dans l'immobilisme d'un statut.
Bayrou est aussi un exemple d'élu qui m'intéresse : il dérange, dit des choses qui ne plaisent pas toujours, suscite le débat. La politique que j'aime n'est pas celle qui se contente de faire cyniquement tourner la maison.

Es-tu optimiste quand tu penses à l'avenir dans le domaine politique ?
Vis-à-vis de la politique de demain, j'ai autant d'espoirs que d'inquiétudes.
Mes inquiétudes sont liées à la médiatisation. On devient "zappeur".
Je suis issu d'une famille intéressée par la politique (nous en faisions des sorties, des moments de fête) et à l'époque, les leaders avaient du fond. Mais au fur et à mesure que l'on a voulu rapprocher les élus du Peuple, on a simplifié le discours ; jusqu'à ce que ce discours devienne simpliste. J'ai aussi l'impression que l'on s'accroche de plus en plus aux simples apparences (mais concrètement, ce n'est pas la taille des oreilles de Bayrou qui me fait l'apprécier, c'est bien sa vision qui répond à mes attentes et qui répond humainement à ce qui est souhaitable pour la société).
Certains disent "moi, j'aime bien Bayrou mais tu le vois toi comme Président ?"... Alors je me demande si les gens attendent seulement des grands nez, des grandes tailles et des bras ouverts vers le ciel qui embrasent les foules tel un grand-père rassurant. Sincèrement, je crois qu'il y a aussi des élus qui sont transcendés par leur fonction et qu'il est complètement dommage qu'il y ait une telle focalisation sur les apparences a priori.
Parallèlement, j'ai aussi de grands espoirs.
Les gens commencent à effacer leurs vieux schémas. Nous sommes un peu précurseurs à l'UDF, donc pas toujours très bien compris dans notre stratégie d'abolition des confrontations droite/gauche. Nous proposons une nouvelle façon de faire de la politique. Le discours doit être plus simple en même temps que la ligne de démarcation entre les différentes lignes politiques est plus complexe à tracer.
Plusieurs courants de pensées sont capables de se mobiliser ensemble sur certains combats qui le méritent. C'est le cas de la construction européenne. C'est une avancée.

[...]