12.02.2009
Pour redonner du crédit à la politique, il faudra s'énerver un peu plus encore
En réponse au départ de Quitterie Delmas et en échos aux réactions suscitées, notamment sur de la part de MIP et de Jérôme CHARRE.
"Ah toi, tu devrais faire de la politique !" Il faut trop souvent comprendre à travers ces mots :
- ton langage est vide de sens et emballé dans des mots savants,
- ton ambition paraît très intéressée...
Rarement l'idéaliste plein de bonnes intentions va s'entendre dire "Ah toi, tu devrais faire de la politique !".
Parce que, quand on lui veut du bien et que l'on est "politiquement correct", on n'incite pas quelqu'un qui a des idées à en faire part (cela fait mauvais genre et on ne pourrait pas se faire que des amis). Mais l'idéaliste passionné n'est pas discipliné.
A contre courant, souvent, il va commencer à militer, dépensant son énergie (et son argent) au service des causes choisies, passant ses pauses, soirées et week-ends à un rythme effreiné, prenant le train, le RER, la voiture jusqu'à des heures impossibles...
L'idéaliste prend des risques, beaucoup de risques pour essayer de faire valoir ses idées.
Dans ce monde où il est prêt à tout laisser de ce qu'il possède, il sera utilisé, on lui fera avaler des couleuvres ("il faut bien un peu cautionner le système pour le faire évoluer", disent hypocritement les hommes de pouvoir, une coupette à la main).
Mais lui répondra "NON" de la tête.
Puis, fatigué, ruiné et parfois menacé, il va s'asseoir un jour sur un caillou et se demander : "pourquoi ?".
Pourquoi dépenser autant d'énergie et de fortune à marcher dans le sens d'un monde qui tourne à l'envers ? Investir dans ce monde, n'est-ce pas aussi le cautionner ?
Et l'idéaliste va trouver d'autres chemins pour assouvir sa soif de vivre. Il va ralentir son rythme, retrouver un peu de son humanité, mieux observer ceux qui l'entourent, prendre le temps de passer du temps (un peu plus) avec les siens et il s'impliquera autrement au service de son nouvel univers.
L'idéaliste, parfois, change. Il agit où il est, avec ceux qu'il rencontre. Il mettra du sens dans chacun de ses actes et il essayera de faire passer ce message aux nouveaux idéalistes de son temps. Il aura des compagnons de route mais aussi et encore, des obstacles à dépasser.
Mais à ce moment là, l'idéaliste devient sage mais pour lui c'est comme une extinction, il sait imposer ses choix et croit avoir gagné sa liberté. S'il l'a gagnée, il comprendra plus tard qu'il n'a gagné que la sienne et que c'est justement là le problème.
Son engagement politique, l'idéaliste n'aurait pas à y renoncer si, derrière lui, les citoyens portaient avec lui toutes ses provisions d'idées. Car le sac est bien lourd pour un seul homme vers qui les mains tendues viennent de ceux qui demandent des concessions ou proposent des corruptions.
La protection de l'environnement, le pluralisme, la justice sociale, le développement local sont bien lourds à porter quand le poids des lobbyings et des réseaux de pouvoir viennent écraser les épaules les plus engagées.
L'idéaliste n'aurait pas non plus à renoncer à son engagement s'il n'avait pas honte du monde politique.
Charge à chacun d'arrêter d'ironiser sur la politique, sujet trop grave, et de montrer des attentes dignes des enjeux actuels.
A brûle pour poings, tout le monde a ses attentes au quotidien : que nous préservions les ressources naturelles, que des transports en commun soient développés avant que le prix des abonnements d'autoroute ne soient augmentés comme prévu par le Conseil Général, que les injustices sociales soient combattues, que l'innovation technologique prenne le pas sur la crise, que le travail soit correctement rémunéré, qu'on arrête de vouloir nous faire consommer n'importe quoi...
Alors ensemble nous redonnerons du crédit à la politique, mais il faudra s'énerver un peu plus encore.
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Commentaires
Voilà un grand, grand, grand billet. Le texte n'est pas très encourageant, mais l'avoir écrit l'est, que vous soyez encore là après toutes ces années m'encourage ! Merci !
Ecrit par : FrédéricLN | 13.02.2009
Taguée !
Ecrit par : Jérôme | 23.02.2009
Nombre de personnes ne connaissent pas leur richesse et font appel au crédit. Actuellement le CAC 40 perd plus de 3% et l'or est au plus haut. C'est tout à fait emblématique de ce qu'il se passe depuis plus d'un an sur ces deux marchés. Si vous avez besoin d'argent et si vous possédez un peu d'Or sous quelque forme que ce soit, bijoux, déchets, pièces ou lingots, n'attendez pas, c'est le moment de vendre, vous serez étonné du montant récolté !
achat or
Ecrit par : Achat Or | 11.03.2009
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