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07.11.2006
Eric GUTTIEREZ (troisième partie)
Te définis-tu davantage comme "urbain" ou comme "rural" ?
J'aime les grandes villes pour leur architecture, leur accès à la culture et aux loisirs mais j'aime aussi les villages. J'ai d'ailleurs travaillé dans une commune de 6450 habitants. (rires)
Quel est le regard que tu portes sur la ruralité ?
La société a évolué vers de moins en moins de ruralité. On a l'impression que le monde rural se transforme en banlieue des villes. Avant, les campagnes étaient assez préservées des problèmes d'emploi, de logement... Et les personnes âgées étaient intégrées dans le quotidien des familles. On ne cherchait pas des solutions de société pour tous les problèmes des gens. En même temps que les techniques de travaux paysans progressent, les moeurs évoluent.
Nos villes et nos campagnes connaissent des phénomènes parallèles, la même vitesse de changement, la même pente, le même contexte. Le "tout économique" par exemple aboutit aux mêmes conséquences : des aberrations.
Dans le domaine agricole, les aides ne sont pas inscrites dans le marbre et les paysans se posent des questions sur les moyens qu'ils auront pour vivre de leur production.
Parallèlement aux enjeux économiques, quels combats te paraissent prioritaires ?
Tout est lié, il ne faut pas oublier le lien social.![]()
On a dénoncé certaines dérives de la société américaine sans forcément se rendre compte qu'ici certaines inégalités criantes peuvent aussi faire peur. L'effet de castes reprend de la vigueur et ce n'est pas bon.
On peut trouver des enjeux qui unissent toutes les forces vives : le combat pour la création, pour l'innovation...
Nous n'avons pas le droit de laisser se perdre une génération ou une catégorie sociale.
Certains appellent cela l'ascenseur social mais l'idée c'est de savoir quels moyens on se donne pour ouvrir le champ des possibles et offrir de l'espoir.
Je suis issu d'une famille ouvrière et j'ai vu tout autour de moi des gens qui ont réussi.
Il n'y aurait rien de pire que de ne plus rien avoir à perdre.
Même si c'est dur, même si c'est long, il faut que tout soit possible pour tout le monde. Je ne crois pas à une société égalitariste mais j'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de fils de... qui occupent les postes intéressants (dans la diplomatie par exemple).
La société ne doit pas enfermer sa jeunesse dans l'héritage que les parents lèguent, elle doit reconnaître les valeurs, les efforts de chacun.
Et selon toi, qu'est-ce qui fait obstacle à ce lien social ?
Les responsabilités sont sans doute partagées.
Il est inutile d'incriminer les seuls politiques. Ces derniers doivent favoriser l'éducation, rendre possible l'ascenseur social. Quant aux médias, ils font souvent des titres et des images formatés d'une certaine façon, de manière à empêcher l'émergence des vraies problématiques. Ils rentrent dans le jeu des zappeurs : entre deux coups de zap on pense faire le tour des choses.
Mais connaître les réalités de l'autre, aller à leur rencontre sont des démarches essentielles que chacun peut réaliser dans son quotidien. Nous sommes tous responsables du devenir de ce lien social.
00:10 Publié dans Entretiens avec... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




Commentaires
Super ce portait ... quel est ton prochain invité ?
Ecrit par : Fred | 07.11.2006
je suis tombé sur ce bolg, un peu au hasard...
le hasard faisant, parfois, bien les choses, je reconnais bien la grandeur d'esprit de l'interviewé
bravo, et félicitations pour ce blog
Ecrit par : bob | 14.03.2007
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